Une nouvelle étude révèle que le mandat de vente de VE du Canada, les incitatifs à la consommation et des véhicules plus abordables sont tous des facteurs qui contribuent à une augmentation du taux d’adoption.
Une nouvelle stratégie fédérale pour l’automobile est en cours d’élaboration et pourrait être dévoilée prochainement. Une question centrale est de savoir comment le gouvernement fédéral traitera les véhicules électriques (VE). Les médias ont déjà largement débattu de la possibilité de suspendre ou d’annuler la norme sur la disponibilité des VE, ainsi que des décisions concernant les nouvelles subventions à la consommation et les investissements dans les infrastructures de recharge. L’ouverture du marché canadien aux importations de VE chinois fait également partie de ces enjeux.
Dans cette analyse, nous nous demandons lequel de ces leviers est le plus important. Nos récentes analyses suggèrent que ces outils fonctionnent de façon complémentaire et qu’un ensemble de mesures politiques incomplet ne permettra pas d’atteindre les objectifs escomptés.
Les incitatifs au Canada pour les véhicules électriques ont stimulé les ventes de manière considérable
Pour comparer les effets sur l’offre et la demande, nous avons examiné les provinces avec et sans normes sur la disponibilité des véhicules électriques, ainsi que celles qui offrent des subventions.
Les normes sur la disponibilité sont importantes du côté de l’offre, car elles incitent les constructeurs automobiles à orienter leurs modèles de véhicules électriques les plus récents vers les concessionnaires canadiens. Cependant, l’offre seule ne garantit pas l’adoption. Le Québec offre un test de résistance pertinent. Même avec une norme sur la disponibilité et une infrastructure de recharge importante en place, la suppression des subventions provinciales et fédérales pour les véhicules électriques au début de 2025 a entraîné une forte baisse des ventes.
La leçon est claire. Même lorsque l’offre existe, ce sont les prix qui déterminent en grande partie la demande. Le retrait de la subvention fédérale en 2025 a supprimé environ 5 000 $ d’économies par véhicule, tandis que la suspension au Québec a supprimé 3 000 $ par véhicule.
Les données relatives aux variations des subventions provinciales et fédérale entre 2018 et 2025 montrent que chaque variation de prix de 1 000 $ fait augmenter la demande de véhicules électriques d’environ 11,5 % à l’échelle nationale. On ne peut pas acheter ce qui n’est pas disponible, mais on n’achète pas non plus ce qui est inabordable. Les deux facteurs sont interdépendants.
Figure 1: Les ventes de VE ont chuté près de 60 % lorsque les remises ont été supprimées.
Des véhicules électriques plus abordables peuvent stimuler la demande
Dans ce contexte, les importations de véhicules électriques de fabrication chinoise au Canada agissent comme un moteur de la demande, compensant partiellement la perte de subventions, notamment dans le segment des véhicules d’entrée de gamme. Grâce à une analyse économétrique de l’impact des prix et des subventions sur les ventes de véhicules électriques (VE), nous estimons que l’arrivée de 49 000 VE chinois sur le marché entraînerait une croissance d’environ 17 % des ventes nationales de VE, du moins dans un premier temps.
L’impact le plus important concerne l’accessibilité financière. Les économies totales pour les consommateurs seraient de l’ordre de 330 millions de dollars, concentrées dans le plus abordable où les économies varient de 7 000 à 12 000 $ par véhicule. Les VE chinois représentent environ 23 % du marché, remplaçant près de 18 000 ventes d’autres VE et stimulant la demande.
Le principal enseignement est que les importations chinoises améliorent l’accessibilité financière et stimulent la demande, mais qu’elles n’ont pas d’impact majeur sur les émissions.
Figure 2: Rendre les véhicules électriques plus abordables est un facteur critique pour accroître leur adoption.
Les conclusions de l’analyse sont simples. Les normes de disponibilité sur les VE établissent un plancher en garantissant l’offre. Les importations à faible coût et l’offre nationale atténuent l’impact sur l’accessibilité financière. Des subventions ciblées, visant à rendre les VE plus abordables dès le départ, demeurent nécessaires pour combler l’écart restant, tandis que le développement de l’infrastructure de recharge renforce la confiance à mesure que le marché mûrit et que l’adoption augmente. Ces leviers, agissant conjointement, ne déterminent pas seulement si les VE sont présents sur les marchés de consommation canadiens, mais aussi dans quelle mesure leur adoption rapide et économique peut augmenter.